Ce projet avait pour but de mettre un groupe d’étudiant issu d’un cursus technique face à des difficultés d’ordre managériales comme la création d’entreprise. Ce travail devait intégrer des recherches, une étude de marché, un plan de financement et un business plan. De plus, le résultat de ce travail devait pouvoir être soutenu devant un jury composé de professionnel du secteur IT et non IT.
Composé de 6 personnes, notre groupe d’étudiant au passé professionnel disparate à chercher à sortir des sentiers battus du tout technique pour créer un projet d’entreprise donc la promesse n’était pas de révolutionner le monde avec la dernière application à la mode, mais plutôt de revenir à des choses simple et terre à terre. L’association d’aide à l’insertion et à la permaculture urbaine est née : Poussons ensemble.

Définir une structure et des objectifs viables
Cette association loi 1901 de type SIAE – Structure d’Insertion par l’Activité économique, vise à agir sur des problématiques sociales, économiques et écologiques. L’objectif premier de notre association est d’aider les personnes qui nécessitent de rebondir dans leur vie via l’insertion professionnelle grâce au développement d’une agriculture locale et biologique. Ces personnes seront donc formées par un tuteur à la permaculture sur des toits-terrasses au cœur des villes fortement urbanisées. L’objectif final est d’inspirer, ou de participer, à la création d’espaces similaires dans d’autres communes afin d’avoir le meilleur impact possible, mais également d’investir dans la recherche à la fois sur la société et sur l’environnement.
Répondre à une problématique actuelle et pertinente

Aujourd’hui, le nombre de personnes en situation de précarité est en constante augmentation.[1] Nombre de personnes se retrouvent à la rue suite à des accidents de vie, et la solidarité ne parvient pas toujours à résoudre ce problème de société. Ces personnes perdent pied et échouent la plupart du temps à retrouver un emploi stable et d’avenir.
Parallèlement, 33% des terres cultivables[2][3] dans le monde s’appauvrissent, suite à l’utilisation intensive des engrais chimiques pour justement pallier à cet appauvrissement. Ce qui peut mener, à terme, à une pénurie de nourriture, et une augmentation critique des prix des denrées de première nécessité.
L’environnement de la jeune pousse
Nos clients sont des consommateurs finaux recherchant des produits frais et biologiques en circuit court, et qui ont donc un intérêt certain pour l’écologie.
Nos concurrents sont nombreux, nous devons faire face à l’engouement croissant de la consommation raisonnée, sociale et engagée. Nos concurrents principaux sont les grandes AMAP franciliennes.
Pour faire face à ces concurrents, nous disposons de sponsor fort tels que la Mairie de Paris ainsi que différents marchés locaux au plus près de nos terrains de production.
Les objectifs ambitieux et atteignable

Notre stratégie est axée autour de plusieurs points :
- Obtention d’un toit-terrasse adéquat pour notre projet pilote d’agriculture biologique en permaculture via les communautés urbaines et des grands bailleurs tel que la Mairie de Paris ou encore la faculté de Jussieu ou encore la Maison de la Radio
- Former des personnes en insertion professionnelle à la technique de la permaculture sous la forme d’un Contrat à Durée Déterminée d’Insertion (CDDI) de 2 ans.
- Obtenir un partenariat fort avec un fournisseur permettant d’obtenir des prix sur le matériel, les semences, les plants ainsi que tout le matériel consommable d’agriculture.
Cette stratégie est établie sur la base de notre plan de financement sur 3 ans, nécessitant un décollage de l’économie de notre association pour gagner la confiance des partenaires institutionnels. Les recettes et les dépenses doivent trouver un équilibre à la fin de la deuxième année. Cette ambition est facilitée également par la permaculture, qui peut permettre jusqu’à huit récoltes par an.
Notre culture d’entreprise

Notre première valeur est tout d’abord humaine. Nous souhaitons aider les personnes dans le besoin, les accompagner et leur redonner espoir en l’avenir.
Notre autre valeur est une valeur écologique. À travers le domaine de formation qui nous promulguons, nous participons à l’insertion de verdure dans les lieux urbains.
La dernière de nos valeurs est de s’insérer dans l’économie solidaire, ce qui implique d’être autosuffisant sans dons externes. Bien que les dons nous permettraient d’ouvrir notre projet sur de nouveaux terrains.
Les règles de base que nous nous posons sont le respect de chacun, nous devons faire démonstration d’empathie envers le personnel en insertion.
Notre SWOT

Conclusion
Du point de vue de l’insertion professionnelle, le marché est fortement concurrentiel.
Néanmoins, malgré cette concurrence, il y a seulement quelques milliers de chômeurs longue durée (incluant des sans-abris) qui sont pris en charge alors qu’il en existe plus d’un million en île de France. Qui plus est, la formation que nous proposons est vraiment une valeur ajoutée par ses valeurs pérennes et son utilité à l’avenir.
Du point de vue de l’utilisation des toits plats sur Paris, il existe plusieurs concurrents, mais à eux tous ils occupent une petite part du marché disponible. Qui plus est la mairie de Paris a exprimé le souhait de végétaliser les toits et les murs de Paris ce qui nous place dans une situation favorable par rapport à nos concurrents non agricoles.
Du point de vue des marchés BIO, ce dernier est en pleine expansion, mais la consommation est-elle aussi en constante augmentation. Niveau prix, nous nous situons dans le prix médian des paniers de fruits et légumes BIO. De plus notre proximité avec les consommateurs reste un point fort surtout dans notre démarche à la fois écologique et sociale.
À long terme, notre objectif est d’inspirer, d’exporter, ou même de participer au financement du concept à d’autres métropoles, tout en continuant d’augmenter la surface cultivée aux autres toits de Paris. Nous pourrons également participer ou financer la recherche, afin de répondre aux questions d’amélioration des outils, du développement d’autres surfaces cultivables, comme les murs, ou également l’utilisation de la biodynamie ou de l’hydroponie. Cela nous permettrait de former nos employés à d’autres techniques, d’autres niveaux professionnels et d’être les moteurs de l’agriculture de demain.
Un point de vue personnel
Ce projet nous a démontré que la mise en commun des différentes expériences et compétences professionnelles est un facteur clé de succès. Mon rôle au sein de cette équipe avait été imposé, celui de Chef de Projet.
Cela fut non pas une contrainte, mais une gratification, car l’équipe avait besoin de quelqu’un qui puisse lui donner un cadre, des objectifs, un niveau de qualité et une maitrise des tâches et du temps.
Mon rôle à alors consister à canaliser cette énergie en définissant les grands sujets du livrable. Il m’a fallu également construire et répartir taches et donner le rythme afin de respecter le délai imparti. Enfin, j’étais le point d’entrée entre les étudiants et les autres parties prenantes de cette expérience managériale.
Ce projet à soutenu le 18 novembre 2016 et reçu les félicitations du jury. L’ensemble du travail réalisé est disponible sous licence Creative Commons (BY NC SA).
Business Plan (doc) – Présentation (ppt)

Liens connexe:
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- Être autonome, ou forger sa propre expérience
- INTECH, une nouvelle école, une nouvelle approche
Notes :
[1] +147% de chômeur de cat. A entre juin 2008 et sept. 2016 – Dares – Pôle Emploi, Oct 16
[2] FAO.org, « Les sols sont en danger, mais la dégradation n’est pas irréversible » Rome, 04/12/15
[3] Mr Mondialisation.org « 33% des terres agricoles du monde dépérissent sous nos yeux » 14/01/16
